Le
Lycée Taïba-ICS était à l'origine
un Collège d'Enseignement Moyen ( C.E.M.) créé
par les Entreprises que sont la Compagnie Sénégalaise
des Phosphates de Taïba (C.S.P.T.),aujourd'hui fusionnée
avec les ICS et les Industries Chimiques du Sénégal.C'était
à la suite d'une demande pressante des travailleurs.La
direction de la CSPT a été cependant l'initiatrice
de ce projet. Devant des crises répétéés
et une tension sociale quasi-permanente l'Ecole Supérieure
de Gestion (aujourd'hui) avait été commise pour
une enquête de type sociologique.Un trio de psychologues
fut dépéché pour un diagnostic sans complaisance
des problèmes auxquels ils étaient confrontés.
Après dépouillement des questionnaires l'idée
de la création d'un CEM est apparue au premier plan de
toutes les préoccupations. Les préalables administratifs
commencèrent à être mis en place à
travers notamment la rédaction d'un Protocole d'Accord
entre les directions des deux entreprises et le ministère
de l'Education Nationale. Ce dernier fut finalisé et signé
le 07 août 1983. Des mesures incitatrices
pour les enseignants furent prises , le profil du chef d'établissement
fut défini et la vocation de l'établissement déterminé
dans le cadre dudit protocole
C'est ainsi que le 11 mars 1984 une lettre conjointe des PDG de
la CSPT et des ICS fut adressée au Ministre de l'Education
Nationale, Monsieur Iba Der THIAM à l'époque pour
demander oficiellement l'ouverture d'un CEM.
En attendant la construction du CEM proprement dit, deux salles
de classes furent ouvertes dans le batiment dit " Immeuble
" de la cité Mbaye-Mbaye. C'était en octobre
1984.
Idrissa Diédhiou, professeur d'histoire et géographie
à l'Ecole Normale de Kolda fut nommé principal du
collège en même temps que cinq autres professeurs.(Anglais
M.A. Samb, Maths MM. G. Fofana et A. Diop, Français M.
T. Lam, H.G. M. I. Diedhiou, Education Artistique Mme P. Guèye,
Sciences Naturelles Mme R. )Ils seront tous logés à
la cité Darou (aujoudhui disparue) et à Mbaye-Mbaye.Il
faudra rappeler que ces mêmes locaux avaient abrité
quelques années auparavant le Centre de télé-enseignement
qui recevait et formait les enfants des résidents et particulièrement
des expatriés cadres de la CSPT.Des professeurs étrangers
et sénégalais y relayaient des enseignements venant
de l'Académie de Rouen.
En dehors des professeurs cités plus haut, d'autres devaient
arriver par la suite. Devant la saturation de l'espace géographique
des cités des indemnités représentatives
de logement leur furent accordées conformément aux
termes du protocole d'accord de même que la possibilité
d'utiliser les infrastructures de la cité ( économat,
piscine, terrain de tennis, club) et la consultation gratuite
auprès des médecins des deux entités industrielles.
En juin 1986, les travaux du CEM furent achevés.
Il était constitué d'un bloc administratif , d'une
salle de professeurs, d'une bibliothèque, d'une infirmerie,
de huit salles de classes et de trois salles spécialisées.Six
logements attenant au CEM faisaient également partie des
travaux réceptionnés ;ils étaient équipés
de gros meubles et pris en charge au plan de l'électricité
par les entreprises.Toute cette infrastructure a coûté
286 millions H.T.H.D. (Hors taxe Hors douane).
Le Cem a été inauguré le 13 janvier
1988 par M. Iba Der Thiam Ministre de l'Education Nationale,
et MM Adrien SENGHOR(Président du Conseil d'Administration
de la C.S.P.T.) et Pierre Babacar KAMA (Président Directeur
Général des I.C.S.)
En 1991, à la faveur du décret n°91 –
798 en date du 20 Août 1991, le CEM fut érigé
en Lycée à cycle complet à l’instar
du CEM Ahoune SANE de Bignona. M. Idrissa DIEDHIOU en deviendra
le premier proviseur Cela permettait d'éviter que les travailleurs
soient séparés de leurs enfants qui étaient
obligés, pour entamer le cycle secondaire, d'aller à
Tivaouane, Thiès, Dakar ou Saint-Louis (soit respectivement
à 20, 50, 110, 150km de la localité ) avec toutes
les contraintes psychosociales et les résultats décevants
que cela pourrait entraîner. Ses effectifs commencèrent
à s’accroître notamment à travers une
bonne publicité sur la qualité de l’enseignement
qui y était dispensé et la stabilité de l’établissement.
Il faudra noter que pendant l’année blanche au Sénégal
en 1988, l’école avait fonctionné normalement
au moment où la plupart des écoles étaient
fermées. Cette augmentation des effectifs sera accompagnée
naturellement par la construction de nouvelles classes et l’arrivée
de nouveaux professeurs. Les entreprises qui avaient décidé
d’indemniser les enseignants pour les inciter à venir
et à rester dans « ce coin perdu », décidèrent
à partir de Juillet 1989 de ne plus indemniser les professeurs
affectés au Lycée Taïba/ICS, dans un avenant
au Protocole d’accord entre la CSPT et les ICS d’une
part et le Ministère de l’Education Nationale. Lycée
Taïba-ICS polarise aujourd’hui tous les villages environnants
de la zone géographique de Taïba-Mboro.
L' établissement s’est progressivement positionné
pour devenir, du point de vue de ses résultats, un des
tout premiers de la région.